Publié par : Malika Benarab-Attou | 22 juillet 2009

Mon itinéraire

46 ans, citoyenne française et algérienne (double nationalité de fait car la bi-nationalité n’est pas reconnue par défaut d’accord entre les deux pays).

 

Militante associative dans les années 80 au sein du mouvement des jeunes issus de l’immigration, à Lyon. Membre des JALB (Jeunes Arabes de Lyon et Banlieues). Je suis née en Algérie et ai accompagné ma mère et mes deux frères pour rejoindre mon père, ouvrier chez Berliet à Vénissieux, en 1968. J’ai été scolarisée et ai grandi à la campagne (dans le Dauphiné) avant d’habiter Lyon où j’ai été au Lycée et ai eu mes premières expériences professionnelles. J’ai notamment contribuée au Magazine COSMOPOLIS (situé sur les pentes de la Croix-Rousse à Lyon) où j’ai d’abord publié des critiques littéraires (littérature maghrébine de langue française) avant d’y travailler.

 

Après une expérience en MJC à Lyon, j’ai travaillé dans les années 80 comme formatrice pour adultes pour des publics en insertion, à Lyon, pendant 5 ans. Humainement riche cette expérience m’a fait me confronter à l’incohérence des politiques publiques : occuper les pauvres et les exclus par des salariés sous-estimés professionnellement, en vue de faire baisser les chiffres du chômage. N’étant plus en phase avec mes valeurs et ma vision du monde, j’ai arrêté ce travail (il s’agissait de CDD à répétition).

 

En parallèle mon expérience militante se trouvait confrontée à une situation sans réelles avancées : les meurtres de jeunes arabes au début des années 80 étaient ce qui m’avait, entre autres, menée au militantisme associatif, l’aide de la Cimade fut déterminante pour nous dans ces années-là. Je fréquentais régulièrement les salles du Palais de Justice où le racisme affiché de nombres de magistrats lors des audiences publiques me heurtait profondément. J’ai été confronté au racisme dans ma recherche d’emploi. La politique du PS au pouvoir, en dehors de la carte de 10 ans pour les immigrés, nous a beaucoup déçus. Et la manipulation autour de SOS Racisme a entraîné l’effondrement d’un mouvement autonome et revendicatif naissant porté par les militants associatifs dont j’étais. Ne voulant m’épuiser en vain et ne voyant pas d’avancées réelles j’ai décidé d’aller voir ailleurs, de faire autre chose, autrement. Je me suis installée à Paris dans le 11ème au début des années 90.

 

J’avais commencé à Lyon et j’ai continué à Paris à m’équiper « intellectuellement » pour me comprendre et comprendre le monde : les sciences humaines pour cela sont précieuses et m’ont passionnées. Linguistique (je suis berbérophone), Anthropologie (j’ai écrit une histoire de vie à l’époque), Sociologie, Psychologie du Développement et Psychologie Sociale, Sciences de l’Education, Histoire, Philosophie : j’avais besoin de comprendre et d’apprendre. Je ne rentrais que rarement dans les fourches caudines de l’évaluation universitaire mais j’ai pris beaucoup de plaisir et ai pu développer une vision étayée et personnelle.

 

Au niveau professionnel, la formation, dans l’accompagnement qu’elle permet vers une plus grande autonomie des personnes, continuait de m’intéresser. J’ai évoluée vers de la formation pour salariés : j’ai travaillé 4 ans et demi auprès d’ouvriers de Renault au moment de la mise en place de la politique Qualité dans l’entreprise (ce qui l’a sauvée d’une faillite annoncée).
L’idée étant de donner les moyens aux ouvriers de comprendre les enjeux de ce qui se jouait et des changements importants impulsés dans l’entreprise. Et pour la première fois, au-delà de formations très techniques ce public avait accès à une formation plus ouverte et innovante (Optim’Hommes) centrée sur les outils de développement cognitifs. Il s’agissait d’apprendre à apprendre : par une approche centrée sur des situations-problèmes dont la résolution amenait chacun à décortiquer les mécanismes qu’il avait utilisés pour la résoudre et à les confronter à ceux mis en œuvre par les collègues du groupe. A partir de cette conscientisation du cheminement cognitif propre à chacun et de la découverte (par l’explicitation) de celui suivi par d’autres, il s’agissait d’envisager le transfert de ces mécanismes à d’autres situations, cette fois réelles, vécues en situation de travail ou pas et dans un contexte plus riche et donc plus complexe. Cette expérience fut passionnante et porteuse de développement personnel chez beaucoup d’ouvriers (majoritairement africains).

 

Très attachée au Maghreb, je fus comme beaucoup d’Algérien(ne)s très choquée et blessée par la décennie noire de la guerre civile en Algérie (années 90), qui malheureusement nest pas encore close. Pouvant difficilement sortir de la sidération face à tant de violence et de cruauté, ce furent des années où l’action paraissait dérisoire dans un contexte où le peuple algérien se trouvait (se trouve toujours) piégé entre des terroristes islamistes d’un côté et un pouvoir peu attentif à ces populations de l’autre. Pour comprendre, en espérant y trouver les moyens et le chemin pour agir, je consacrais 2 ans à un DEA Sociétés Contemporaines du Maghreb à l’Institut Maghreb-Europe.

 

Après Renault mon cheminement professionnel se poursuivit au sein de la Sécurité Sociale. J’y entrais par hasard, par un CDD, et l’univers de la Protection Sociale me happa. Par les valeurs qu’elle permet de mettre en œuvre, par son inscription dans l’histoire (créer à l’issue de la dernière guerre comme élément fédérateur d’un vivre ensemble renouvelé), pour l’attachement légitime et essentiel que lui porte les Français, pour son poids économique, pour la qualité du système de santé… Après plus de 10 ans j’y travaille toujours. Ce qui me permet aussi d’être en harmonie avec ma vision du monde et mes valeurs. J’ai passé le concours et ai fait la formation de l’Ecole Nationale Supérieure de la Sécurité Sociale (EN3S) en 2005-2006. A l’issue de cette formation je me suis installée à Chambéry où je travaille dans un organisme local.

 

Activités au sein des Verts

  • Membre de la commission nationale Santé
  • Participation aux cantonales de 2002 à Joinville le Pont (94)

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