Publié par : Malika Benarab-Attou | 6 octobre 2009

Déclaration de Casablanca

En marge d’un colloque organisé le 25 septembre à Casablanca par l’Observatoire Marocain des Libertés Publiques et l’Observatoire pour la Liberté de la Presse, de l’Édition et de la Création en Tunisie sur le thème de l’arme de la censure financière dans l’étranglement de la liberté de la presse au Maghreb.

 
La presse au Maghreb sous la pression financière, politique et sécuritaire, les organisations maghrébines des droits de l’Homme, les organisations professionnelles de journalistes ainsi que des journalistes et universitaires maghrébins s’inquiètent de la situation de la presse au Maghreb. En marge d’un colloque organisé le 25 septembre à Casablanca par l’Observatoire Marocain des libertés Publiques et l’Observatoire pour la Liberté de la Presse, de l’Édition et de la Création en Tunisie sur le thème de l’arme de la censure financière dans l’étranglement de la liberté de la presse au Maghreb auquel ont participé des organisations et des personnalités maghrébines et internationales, les participants ont examiné les menaces qui pèsent sur la liberté de la presse dans la région en mettant l’accent sur les méthodes les plus récentes utilisées par des régimes répressifs et les ennemis de la liberté d’expression pour le musellement des médias et des journalistes.

Les participants ont étudié les mécanismes d’utilisation de la censure financière. Ils ont également soulevé la question de l’introduction de la corruption financière pour le contrôle du paysage médiatique, à travers l’instrumentalisation de la publicité, la corruption des journalistes pour acheter leur silence et l’exploitation systématique de leur difficultés sociales et financières, en plus des pressions sécuritaires et politiques incessantes. Les participants ont, au cours de cette réunion, réitéré leur attachement aux valeurs et aux principes de la liberté d’expression contenues dans les textes et lois des États ainsi que dans les conventions internationales pour assurer la liberté de la presse en tant qu’élément de base de l’exercice des autres libertés : les participants condamnent les procès arbitraires contre des publications de presse dans plusieurs pays du Maghreb. Les derniers en date sont les journaux marocains, condamnés à des amendes abusives dont l’objectif est de les pousser à la faillite et l’étranglement financier et professionnel.

En ce qui concerne la situation en Tunisie les participants dénoncent la menace persistante sur les journalistes qui critiquent le gouvernement. Ils dénoncent la condamnation récente du journaliste Boukadous Fahim à de la prison ferme, ainsi que la mobilisation des fonds publics pour lancer des campagnes de dénigrement qui affectent l’honneur et la dignité des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme. Ils condamnent également le putsh mené par la police politique contre le bureau du syndicat national des journalistes tunisiens, qui a conduit à l’installation d’un bureau parallèle fidèle au parti au pouvoir.

En Mauritanie, les participants ont souligné l’absence de cadre juridique régissant la liberté de la presse électronique. Ils ont également insisté sur la réorganisation du secteur des médias pour se débarrasser du phénomène des « Peshmerga», qui concerne les journaux, qui reçoivent de la publicité sans pour autant assurer la pérennité de journaux. Les participants du colloque de Casablanca estiment qu’il faut aussitôt que possible mettre en place la réglementation et les mécanismes de soutien public à la presse indépendante.

En ce qui est de l’Algérie, les participants ont souligné le maintien de l’état d’urgence imposé dans ce pays depuis le 9 Février 1992, qui donne au pouvoir exécutif et aux services de sécurité des pouvoirs très étendus qui menacent l’exercice de la liberté de la presse, en plus de l’arsenal législatif. Ils dénoncent la poursuite par la justice algérienne des actions contre la presse ainsi que les condamnations à la prison ferme et à la prison avec sursis, contre les journalistes et les correspondants de presse. Les participants condamnent la persistance des pouvoirs publics dans la violation des lois de la république en refusant d’accorder des agréments aux nombreux journalistes professionnels indépendants, alors que dans le même temps, ils délivrent des agréments à ceux qui disposent de réseaux de relations et d’intérêts gravitant dans l’orbite du pouvoir.

En ce qui concerne la Libye, les participants au colloque ont enregistré la poursuite des violations des droits humains sur une grande échelle et un exercice de monopole absolu sur le secteur des médias. Ils dénoncent la tentative du leader libyen d’exporter la répression des journalistes à l’extérieur de la Libye. Ils mettent l’accent sur l’absence d’une constitution en Libye ce qui constitue l’obstacle fondamental pour imposer des réformes propices à poser les fondations d’une presse indépendante en Libye.

Casablanca, le 25 Septembre 2009
 
Malika Benarab-Attou


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