Publié par : Malika Benarab-Attou | 19 octobre 2009

Le 17 octobre 1961 : une tache noire dans notre histoire commune

Le 17 octobre 1961 est une date qui restera dramatiquement gravée dans la mémoire commune des peuples algériens et français.

En 1961, la guerre d’Algérie était dans sa 7e année, et l’indépendance de l’Algérie était éminente.
Alors que tous les progressistes s’attendaient à une issue positive du conflit, les antirépublicains, les colonialistes actifs et les tenants de l’Algérie Française organisés dans l’OAS pratiquaient une politique de terreur.
Soucieux de ces contraintes, le FLN sollicite l’aide des républicains et des démocrates pour concrétiser cette issue positive débouchant sur la fin pacifique de cet violence et l’indépendance du peuple algérien.
En octobre, à l’appel du FLN (Front de Libération Nationale), des milliers de Français et d’Algériens de la « Métropole » participaient à une manifestation pacifique contre le couvre-feu raciste, décrété quelques jours plus tôt par le préfet de police « le célèbre Papon ». A travers cette manifestation qui était surtout un appel pour la paix en Algérie, les Algériens voulu défendre leur dignité d’être humain, l’égalité citoyenne et leur liberté.

Ce 17 octobre 1961 il pleuvait. Tous ces hommes, ces femmes et ces enfants, qui vivaient dans des bidonvilles autour de la capitale ou entassés dans une pièce à quatre ou cinq, sans aucun droit à la citoyenneté, étaient nombreux à manifester. Ils avaient mis leurs plus beaux habits, car leurs intentions étaient pacifiques.

La répression policière fut terrible et brutale….

Il y eu de nombreux morts. Combien ? On ne le saura jamais exactement…plusieurs centaines sans aucun doute. Certains furent précipités et noyés dans la Seine, d’autres jamais identifiés, disparus jamais retrouvés.
Des milliers furent parqués, entassés au palais des sports, la plupart blessés et ensanglantés.
Le Gouvernement, la préfecture  cachent la vérité et signalent seulement deux morts.
Les faits dramatiques sitôt connus, la CGT, mais également des partis politiques, le PCF, le PSU et d’autres mouvements comme le Secours populaire organisent la riposte et la solidarité.
La lutte pour la paix en Algérie et pour la démocratie va alors connaître un nouveau développement.
L’OAS (Organisation Armée Secrète) organise des attentats meurtriers à Paris et dans les grandes villes.
Le gouvernement interdit les manifestations anti-fascistes.

Le 7 février 1962 la police toujours dirigée par Papon frappe au métro Charonne, 9 manifestant seront tués.
Dans l’agglomération lyonnaise, cette date n’a pas été oubliée. C’est ainsi que le 27 Octobre 1960, suite à un mot d’ordre syndical 19 000 travailleurs débrayèrent dans les entreprises pour la paix en Algérie et une grande manifestation se déroula dans le cadre de cette journée nationale. Les grandes villes de la région connurent également des actions et manifestations similaires.

Aujourd’hui, depuis 2001, avec l’apport de la société civile lyonnaise et le soutien de la ville de Lyon, les massacres du 17 octobre 1961 sont commémorés chaque année.
48 ans après, il est encore temps d’effacer cette tache noire de notre histoire, en valorisant la reconnaissance de cette commémoration citoyenne et républicaine.
 
Discours prononcé par le président de la LDH le 17 octobre 2009 à Lyon, avec lancé de gerbe de fleurs dans le Rhône et prise de parole d’associations.
Je soutiens fortement cette action et sa reconnaissance au niveau national.
 
Malika BENARAB ATTOU


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