Publié par : Malika Benarab-Attou | 28 mai 2010

A celui qui a fui en s’exilant

Le 12 mai dernier,

Malika Benarab-Attou a organisé au Parlement Européen de Bruxelles, la projection du film Harragas, de Merzak Allouache.

Le terme « Harragas » est un mot dérivé de « brûler », dans le sens de « brûler les étapes », et sans doute la vie. Il fait référence aux milliers d’Africains candidats chaque année à l’émigration clandestine, faute de visas.

affiche de Harragas de Merzak Allouache

Le film se fait l’écho de leurs tentatives désespérées et sa projection dans ce lieu hautement symbolique était une occasion de sensibiliser à la cause des victimes les parlementaires, ainsi que de nombreux jeunes travaillant à Bruxelles rassemblés pour l’occasion.

Un débat entre la salle et le réalisateur Merzak Allouache a suivi, et l’évènement s’est clôturé par un hommage rendu aux Harragas, sous la forme de la lecture d’un poème de Kader Yousfi en une dizaine de langues.

 

Les voici donc :

Version kabyle

H  kuyid awi nedj lane
A  âdent fellek un tav ghidh
R  afdhenk mazel dhamaz yane
A  djank dhaga kh’mir thaghlidh
G’ dham nik waz âne swane
r neth ghadh thamzik tharzidh
I  thjar vadh yagh lave qadhrane
N  ek ki seg widhak tharhidh
E  f’hame dhath mak ik yanfane

 

Version française

A celui qui a fui en s’exilant
Toi qui a tant subi sans vouloir
Ils t’ont ramassé en pleine jeunesse
Tombé dans la boue noire
Ils t’ont dépouillé et bu ton sang
Sans pitié d’avoir brisé ta jeunesse
Ce que tu as vécu
Est plus amer que la ciguë
Moi, parmi ceux qui pleurent ton sort
Crois-moi ce sont tes frères qui te font tort

Version anglaise

To you who fled in exile
You, who has suffered so much against your will,
Seized in the prime of your youth,
And left for dead in the murky waters,
They laid your body bare and drank your blood,
Void of pity for the crime they commit
Poison cannot compare to your suffering,
I am amongst those who mourn your fate,
Your brothers are those who betray you

Version espagnole

A ti, que has huído al exilio
Tú, que tanto has sufrido sin quererlo
Te han detenido en plena juventud
Caído en el negro lodo
Te han desvalijado y bebido tu sangre
Sin piedad por haber destrozado tu juventud
Lo que has vivido
Es más amargo que la cicuta
Yo, entre aquéllos que lloran tu suerte
Créeme, son tus hermanos los que te hacen daño.

Version turque

Sen ki sürgünü seçerek kaçan
Sen ki çok çektin elinde olmadan
Gençliğinin baharında topladılar seni
Siyah bir çamura düşmüş o bedeni
Ve soydular ve içtiler kanını
Gençliğine doyurmamanın merhametini duymadan
Yaşadıkların
Daha acıdır zehirden
Ben ki, kaderine ağlayanlar içinden biri,
İnan kardeşlerindir bunları sana yaşatan.

Version allemande

Für den, der sich ins Exil geflüchtet hat
Für Dich, der Du ungewollt so sehr gelitten hast
Sie haben Dich in der Blüte Deiner Jugend aufgelesen
In den schwarzen Schlamm gefallen
Haben Sie Dich enthäutet und Dein Blut getrunken
Ohne Mitleid Deine Jugend zerstört
Was Du erlebt hast
Ist bitterer als der Schierling
Ich weile unter den Weinenden,
Glaube mir, es sind Deine Brüder die Dir Unrecht tun.

Version grecque

Για σένα που έφυγες στην εξορία
Για εσένα που υπέφερες τόσο πολύ ενάντια στη θέληση σου
Όταν σε άρπαξαν στο άνθος της νιότης σου
Και σ’ άφησαν νεκρό στα λασπωμένα νερά
Σε γύμνωσαν και ήπιαν το αίμα σου
Χωρίς οίκτο που κατέστρεψαν την νιότη σου
Αυτό που έζησες είναι χειρότερο και από δηλητήριο
Εγώ, ανάμεσα σε αυτούς που μοιρολογούν την τύχη σου
Πίστεψέ με, τα αδέλφια σου, αυτοί είναι που σε πρόδωσαν.

Version italienne

A colui che fugge in esilio,
Tu che tanto hai sofferto senza averne colpa
Ti hanno preso nel pieno della tua gioventù
E gettato in acque fangose
Ti hanno spogliato e bevuto il tuo sangue
Senza pietà per il crimine che commettevano
Quello che tu hai vissut é più amaro che veleno
Io, son tra coloro che piangono la tua sorte
Credimi, sono i tuoi fratelli coloro che ti tradiscono.

Version croate

Tebi koji si pobjegao u progonstvo,
Ti, koji si patio toliko mnogo protiv svoje volje,
Oni su te ugrabili u cvijetu mladosti,
I ostavili ležati u crnom mulju,
Ogolili su te i popili tvoju krv,
Bez milosti što su ti uništili mladost,
To što si proživio
Gorče je od pelina
Ja sam između onih koji oplakuju tvoju sudbinu
Vjeruj mi, tvoja braća su ti učinila nepravdu.

 

photo de Harragas de Merzak Allouache

 


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