Publié par : Malika Benarab-Attou | 1 février 2011

Révolutions arabes: l’UE doit parler haut et fort

Interview de l’eurodéputée Malika Benarab-Attou, des Verts/ALE sur la situation en Tunisie et en Egypte, Février 2011 –

Interview de Lila Lefevre-Haddad, Al Hiwar TV

 

 

 

Malika:  » C’est un moment historique que nous vivons aujourd’hui et je crois que l’UE ne mesure pas encore la porte que les Tunisiens ont ouverte. Il me semble que la Jordanie, la Syrie, l’Algérie vont aussi être touchées par cette vague de liberté que nos frères tunisiens ont poussée.

 

Tous les pays de la Rive Sud vont connaître pareilles revendications; c’est historique et l’UE ne doit pas louper le coche…

 

[…]

 

Israël ne peut plus être seul le rempart démocratique de la rive Sud de la Méditerranée. C’est pourquoi l’UPM (Union Pour la Méditerranée) doit sortir d’une approche commerciale et économique. Il faut revenir à une position universaliste des droits de l’Homme et de la démocratie, une exigence pour tous les pays de la Rive Sud, comme pour Israël.

 

L’avenir des relations entre l’UE et le monde arabe ? Il faut qu’elles soient refondées sur la démocratie et les droits de l’Homme; on ne peut plus dire que les droits de l’Homme soient l’apanage des pays du Nord. Les pays du Sud doivent maintenant organiser leur démocratie et nous devons les aider. Il faut les soutenir par notre expérience, notre expertise et des financements car nous ne pouvons pas mettre en place comme cela un gouvernement et une démocratie. Il faut aider les Tunisiens, mais seulement s’ils nous le demandent.

 

Au sein du Parlement européen, nous étions très peu nombreux à nous questionner sur la situation politique de ces pays. L’UE fermait les yeux sur les régimes autoritaires de nos voisins. Maintenant il faut écouter ces peuples et écouter les personnes qui connaissent le sujet.

 

[…]

 

Il faut s’interroger sur la relation entre les pays du Sud et les pays du Nord; ce n’est plus acceptable que des pays au Sud soient dirigés par des gouvernements autoritaires. Ce n’est plus l’économie qui doit être le moteur de nos relations. L’universalité des droits, la démocratie et la dignité des peuples doivent être à l’ordre du jour.

 

[…]

 

Il va y avoir forcément des répercussions de cette crise sur les peuples méditerranéens du Sud, notamment au niveau des politiques migratoires. »

 

Malika a aussi fustigé la situation présente en Algérie. Elle a critiqué ouvertement le gouvernement actuel de Bouteflika de ne pas user à bon escient les richesses du pays, de ne pas assurer un avenir aux jeunes Algériens et d’être responsable des troubles actuels.

 

Pour finir Malika insiste:  » Il y a une obligation de se remettre en question et d’offrir une nouvelle politique, notamment migratoire et diplomatique. Ce n’est pas encore le cas. Il faut bousculer les institutions européennes ! L’Europe manque de vision, marque un certain mépris des peuples aussi en préférant négocier et traiter avec des gouvernements autoritaires… des gouvernements que l’on aurait préféré à d’autres, sous prétexte qu’ils auraient été des remparts contre l’islamisme…l’Europe doit bouger ! »

 


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