Publié par : Malika Benarab-Attou | 4 février 2011

Janvier 2011 : Tziganes, la reconnaissance du génocide par le Parlement européen

Tzigane, ou près de 10 millions d’individus dans l’ensemble des pays de l’UE. Ils constituent la plus grande « minorité » européenne et sont largement discriminés.

 

L’été dernier, la France s’illustrait dans sa politique agressive à leur égard. Ce n’est pas la seule. La construction européenne semble un des seuls boucliers pour les protéger. Sans le Droit communautaire, les atteintes à la liberté de circulation, les discriminations et les diverses ségrégations ne seraient même pas relevées.

 

Des siècles durant, ils ont été réduits en esclavage et déportés. Pendant la seconde guerre mondiale, ils ont partagé l’horreur des camps à côté des juifs, des résistants, des homosexuels aussi. Si leur situation d’un pays européen à un autre variait, c’est toujours un sort tragique qui leur a été réservé. « Un tiers des personnes détenues à Auschwitz étaient Roms, mais la plupart des Européens l’ignorent », a remarqué Jerzy Buzek, Président du Parlement européen. « Seuls quelques Etats européens ont reconnu officiellement le génocide des Roms ». « Le moment est venu » de le faire au niveau européen, a-t-il jugé.

 

En Allemagne, selon les historiens, entre 500 000 et 700 000 Tziganes ont été assassinés sous Hitler. En France, les tziganes ont été recensés d’abord, fichés ensuite, soumis à l’humiliation du port du carnet anthropométrique d’identité. Tous leurs déplacements étaient recensés. Avec l’Occupation, des milliers de Tziganes sont internés dans des camps. Nombreux sont ceux qui y meurent. Aujourd’hui en France, pas de papiers d’identité sinon le carnet de circulation. Discrimination. Malgré la présidence du premier sommet européen sur l’inclusion des Roms, le génocide tzigane n’est toujours pas reconnu. En Allemagne, il l’est depuis 1982.

 

Janvier 2011, lors d’une session plénière à Bruxelles, le Parlement européen a souhaité briser ce silence en procédant à une commémoration historique du génocide des Roms par les nazis. Il souligne qu’il est nécessaire de mieux connaître l’histoire de ce peuple, pour le comprendre et l’aider à mieux vivre. Il faut une reconnaissance sociale à travers laquelle les tziganes prendront mieux conscience de leur histoire commune. Ils pourront aussi reprendre confiance dans les institutions… qui ne les oublient pas.


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