Publié par : Malika Benarab-Attou | 4 février 2011

Soutenir les organisations civiques et démocrates pour une politique étrangère forte

Alternatives Européennes est allé à la rencontre des parlementaires européens membres de la Délégation pour les relations avec le Maghreb.

 

Malika Benarab-Attou, Députée Européenne Les Verts et Membre de la Commission des affaires étrangères et de la délégation pour les relations avec le Maghreb, nous a livré son analyse du rôle que l’UE doit tenir face à la Tunisie. 

L’Union européenne doit apporter tout son soutien à des organisations civiques et démocrates comme par exemple le mouvement Byrsa bien connu des jeunes Tunisiens, car ce sont ces organisations qui ont besoin de notre financement pour construire un espace de débat démocratique dans tous les Gouvernorats. Il faut aider les comités populaires à organiser cette transition complexe vers la démocratie, si l’on veut avoir des partis politiques suffisamment développés pour organiser des élections pluralistes. Six mois ne suffiront pas pour ancrer la démocratie, le soutien entier de l’Europe est capital.

 

Pour cela, il faut revoir les priorités de la politique de financement de l’Union européenne envers la Tunisie. L’UE finançait à hauteur de 240 millions d’euros certaines réformes que la Tunisie s’était engagée à faire pour 2011-2013, dans des volets économiques (170 millions d’euros) et sociaux (55 millions d’euros), avec une aide qui faisait débat sur la « modernisation de la justice » (15 millions d’euros).

 

Aujourd’hui l’Union européenne doit montrer que sa politique étrangère soutient véritablement la démocratie dans le monde, en apportant une assistance financière et technique solide au processus de réformes démocratiques. Catherine Ashton et son nouveau service d’action extérieure européen sont attendus. Elle doit unir les voix européennes pour envoyer un message fort à la société civile tunisienne, mais aussi à tous les peuples de la Méditerranée: « l’Europe vous soutient !« . Il ne s’agit pas d’intervenir pour contrôler des ressources énergétiques mais pour défendre les valeurs universelles de la démocratie.

 

Il faut appuyer directement les trois commissions en Tunisie sur la réforme institutionnelle, la corruption et les abus perpétrés en janvier. Je me félicite que l’Europe ait déjà proposé à la Tunisie de les financer et d’apporter son soutien à l’organisation des élections présidentielles et législatives, et d’envoyer ses observateurs. 

 

Etant donné la déstabilisation possible de l’économie tunisienne due notamment aux départs massifs des touristes, l’Europe pourrait utiliser des fonds d’urgence, si nécessaire avec des fonds semblables à l’instrument de facilité alimentaire de l’UE. La décision des agences de notations qui ont dégradé la note de la Tunisie avec pour conséquence un coup plus élevé des taux d’emprunt sur les marchés est honteuse. Enfin le Conseil de l’UE – c’est à dire les Etats membres- décideront au plus tard le 31 janvier de l’avenir des fonds de la famille de Ben Ali – rapidement, avant que ceux-ci ne partent vers des paradis fiscaux s’il vous plaît!


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