Publié par : Malika Benarab-Attou | 3 mars 2011

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Vivement critiquée ces dernières semaines, rapport à son silence sur la crise du bassin méditerranéen, le Parlement européen reste très confus également sur les questions migratoires de la rive Sud de la Méditerranée. C’est ce qui ressort d’une réunion brève ce matin, initiée par le comité des Droits de l’Homme du Parlement européen, qui tentait de définir quelle est la situation actuelle des flux migratoires aux frontières de la Libye.

 

Comme l’a expliqué M. Hart, chef de mission en Libye pour l’Organisation Internationale des Migrations, la situation change de jour en jour. Près de 1000 migrants s’acheminent chaque heure de l’autre côté de la frontière libyenne. Ce n’est pas un exode de guerre au sens où les Libyens fuiraient la Libye. Ces migrants sont avant tout des ressortissants d’autres Etats du continent africain, des asiatiques, des européens aussi.

 

Les migrants sont pressés de rentrer chez eux. Au 1er Mars 2011, 23000 personnes ont quitté le territoire libyen à la frontière tunisienne où les engorgements se font le plus ressentir. Beaucoup de tunisiens retournent dans leur pays d’origine. Du côté égyptien, ce serait près de 7000 personnes qui s’enfuient et près de 2000 du côté nigérien.

 

Concrètement, les réponses à apporter sont d’ordre administratives; il faut procéder à l’enregistrement de l’ensemble de ces personnes, afin d’apporter une meilleure assistance à ces personnes vulnérables, de les protéger le mieux possible et de pouvoir établir avec le plus de précision l’ampleur des flux migratoires. Il faut aussi apporter, naturellement, un soutien médical aux populations qui se déplacent, bien qu’il n’y ait pas de tragédie humanitaire au sens strict. Il faut surtout fournir un abri pour ces personnes, de l’eau, une aide alimentaire et matérielle. Enfin l’UE peut participer à l’effort logistique en fournissant davantage de moyens de transport.

 

Si la violence ne prédomine pas dans les régions fortement touchées par les flux migratoires, il y a des raisons de s’inquiéter. On observe ces derniers jours certaines tensions; des frontaliers, notamment des jeunes, craignent pour l’équilibre de leur région. La xénophobie ne doit pas bouleverser la région. Il faut contrôler ces tensions naissantes. Globalement, cependant, les populations s’entraident énormément.

 

D’autres appréhensions se font sentir au niveau des centres de transit qui sont débordés. Il y a également des populations plus vulnérables à protéger; les refugiés ou les migrants économiques. Le banditisme et le pillage doivent être contrôlés. Surtout l’accès humanitaire doit être facilité car il reste trop compliqué et trop dangereux.

 

Au delà de l’aide financière et matérielle que peut apporter l’UE, certains députés insistent sur le « rôle mental » de l’UE au cœur de cette crise. L’UE doit insuffler plus d’espoir aux peuples de la Méditerranée et du continent nord-africain en plus particulier. Ils attendent beaucoup des européens. Pour cela, il faut repenser la politique de voisinage de l’UE.

 

 

 

Vidéo du UNHCR

 


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