Publié par : Malika Benarab-Attou | 3 mars 2011

Hongrie – Attaques contre les philosophes et menaces à la liberté d’expression et de recherche

De nombreux philosophes hongrois de renom – en particulier Agnès Heller, Mihály Vajda et Sándor Radnóti – s’étaient élevés avec force contre la loi liberticide sur les médias adoptée par le Parlement hongrois en décembre dernier. Aujourd’hui, ces intellectuels sont victimes d’une campagne calomnieuse de représailles, menée par plusieurs organes de presse proches du parti du Premier Ministre Viktor Orbán.

 

Face à une violation flagrante des valeurs et des libertés promues dans le Traité de Lisbonne et la Charte des droits fondamentaux, Malika Benarab-Attou s’est jointe à l’appel du député européen Vincent Peillon pour interpeller la Commission européenne et le Conseil par le biais d’une Question Orale, que voici :

 

« Le 8 janvier dernier, en Hongrie, une campagne de calomnie a été lancée à l’encontre des philosophes de renommée internationale que sont notamment Agnes Heller, Mihály Vajda et Sándor Radnóti. Ces intellectuels se sont vus accusés par un quotidien proche de la droite au pouvoir, Magyar Nemzet, d’avoir perçu environ 1,8 millions d’euros sur trois ans pour des travaux de recherche jugés, selon des critères inconnus, « fumeux et inutiles ». Des accusations immédiatement relayées par la télévision et la radio publiques et à la suite desquelles le gouvernement a décidé de l’ouverture d’une enquête policière contre six chercheurs.

 

Cette campagne publique de diffamation n’aurait été possible sans l’appui du gouvernement de M. Orban. Et, s’il est légitime de contrôler l’utilisation des fonds publics, il est inacceptable d’utiliser ces contrôles comme des moyens de pression politiques sur les individus. Il est clair que ces attaques visent en réalité à réduire au silence ces libres penseurs avant tout coupables d’avoir « sali » l’image de la Hongrie en s’opposant activement à la loi liberticide sur les médias adoptée par le Parlement hongrois en décembre 2010.

 

Ces pratiques participent d’une volonté du gouvernement de mettre la recherche sous tutelle politique et de museler toute parole critique. Récemment, le nouveau directeur  de l’Institut de Philosophie de l’Académie des sciences hongroises a ainsi arbitrairement renvoyé 4 de ses 23 collègues et déclaré que 15 autres étaient des « incompétents ».

 

Nous souhaitons donc dire toute notre inquiétude face à ces procédés qui ne sont pas sans rappeler l’époque où ces mêmes philosophes, engagés dans la dissidence au régime communiste, étaient persécutés au nom de leur combat pour la liberté d’opinion et d’expression.

 

La Commission européenne compte-t-elle rester inactive face à ces méthodes incompatibles avec les valeurs énumérées à l’article 2 du traité sur l’Union européenne, notamment en matière de respect des droits de l’homme et de démocratie, et avec les libertés fondamentales telles que garanties par la Charte des droits fondamentaux, en particulier la liberté d’expression et d’information (article 11) et la liberté de la recherche scientifique (article 13) ?« 


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :