Publié par : Malika Benarab-Attou | 3 mars 2011

Un moment historique pour les députés européens et les députés du pourtour méditerranéen

Alors qu’on ne sait pas quand s’arrêtera l’effet domino qui secoue les régimes non-démocratiques du pourtour méditerranéen et du Moyen-Orient, l’Assemblée parlementaire de l’Union pour la Méditerranée se réunit les 3 et 4 mars. L’Italien Pier Antonio Panzeri, chef de la délégation du Parlement avec les pays du Maghreb, estime que cette réunion doit permettre d’analyser la situation et que l’Europe doit saisir cette opportunité pour peser dans la reconfiguration de la région.

L’Assemblée parlementaire de l’Union pour la Méditerranée réunit députés européens, députés nationaux et élus des pays du pourtour méditerranéen (Algérie, Jordanie, Israël, Liban, Maroc, Syrie, Turquie…). Bien que les délégations tunisienne et égyptienne ne pourront se rendre à Rome pour participer aux débats du fait de leur situation encore chaotique, le Portugais Mário David (Parti populaire européen), chef de la délégation du Parlement avec les pays du Mashrek, y voit un « moment historique ».

 

« De l’autre coté de Méditerranée, des régimes liberticides sont tombés et d’autres régimes dictatoriaux qui se croyaient inébranlables vacillent fortement », se réjouit l’Italienne Sofia Alfano (Alliance des démocrates et des libéraux).

 

Soutenir le difficile chemin vers la démocratie et condamner la violence

 

Contacté avant de partir pour Rome, Mário David a souligné que l’Union européenne (UE) devait « encourager tous ses partenaires du sud et de l’est de la Méditerranée à poursuivre leur chemin vers la démocratie et le respect des droits de l’homme ». Pour lui, toute utilisation de la violence contre les manifestants doit être fermement condamnée et les négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne doivent être relancées dès que possible.

 

Pier Antonio Panzeri (Socialistes et démocrates) s’est déclaré convaincu que les mouvements démocratiques n’allaient pas s’arrêter bien qu’ils soient tous de nature différente. Il a appelé à une « action immédiate de l’UE, en particulier concernant la question de l’immigration ». Il espère plus de solidarité entre les Etats membres dans la gestion de ce problème.

 

Un rendez-vous raté avec l’histoire ?

 

Sofia Alfano se montre très critique quant à la réaction de l’Europe aux récents évènements. Elle regrette sa lenteur quand il s’agit d’adopter une position commune et fustige « un rendez-vous raté avec l’histoire ». « Nous avons laissé les Etats-Unis intervenir en premier malgré nos liens géographiques, historiques et politiques avec cette région ». Pour elle, ce qui s’est passé consacre le fait qu’il ne faut jamais « faire de concessions sur les droits de l’homme ».

Néanmoins, la situation est complexe et il n’est pas évident de réagir rapidement. Le Président du Parlement, Jerzy Buzek, qui mènera la délégation du Parlement à Rome, souligne la « longue route qui mène à des changements durables : route de transition politique pavée de réformes constitutionnelles, d’élections libres et pluralistes et de renforcement de la société civile ». Il espère que l’Europe jouera son rôle en accompagnant ce cheminement et soutenant les élus de la région.


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