Publié par : Malika Benarab-Attou | 28 mars 2011

L’enjeu de l’annulation de la dette du Tiers-Monde

Modératrice de la conférence organisée le jeudi 24 mars 2011 au Parlement sur « La dette tunisienne et le rôle de l’Union européenne », Malika Benarab-Attou a rappelé l’enjeu de l’annulation de la dette du Tiers-Monde.

 

« Depuis quelques années, certains pays du Sud et du Nord ont adopté des positions en faveur de l’annulation unilatérale de la dette. Des pays du Sud se saisissent de plus en plus de l’audit de la dette pour remettre en cause leurs dettes, des dettes qu’ils qualifient d’ « odieuses » et d’ « illégitimes ». Ces deux notions ont acquis une reconnaissance grandissante au niveau international.

Sous la pression des bailleurs de fonds internationaux, rares sont les pouvoirs publics qui ont pris des actes forts en faveur de cette annulation de la dette. Il y a bien eu plusieurs résolutions adoptées par les Parlements nationaux et qui vont dans ce sens, mais rien n’a été mis concrètement en application par les gouvernements. C’est le cas notamment de l’Argentine, de la Belgique et du Nigéria.

Il y a cependant certains États qui sont allés plus loin et qui ont tiré les conséquences du caractère illégitime de certaines dettes. La Norvège, le Paraguay et l’Équateur font partie de ceux-là.

Lorsque le dictateur Ben Ali est chassé du pouvoir le 14 janvier 2011, la Tunisie supporte une dette publique externe de 14,4 milliards de dollars. Cette dette constitue un obstacle important au développement du peuple tunisien. Or la Tunisie a besoin de mobiliser de toute urgence l’ensemble de ses ressources financières. Pour faire face aux nécessités de la situation actuelle, l’actuel gouverneur de la Banque centrale de Tunisie envisage d’affecter 577 millions d’euros du budget de l’État au remboursement du service de la dette publique extérieure pour l’année 2011. A cela s’ajoute tous les remboursements effectués par la Tunisie sur sa dette publique extérieure. Selon les données de la Banque mondiale, la Tunisie a remboursé entre 1970 et 2009 2,47 milliards de dollars de plus que ce qu’elle a emprunté sur la même période. Il est important et urgent de lancer un appel immédiat pour un audit des créances européennes à l’égard de la Tunisie.

L’audit permettra d’identifier la part illégitime de la dette tunisienne, celle qui n’a pas profité à la population mais qui a directement bénéficié au clan Ben Ali. L’audit permettra aussi d’éviter la formation d’un nouveau cycle d’endettement illégitime et insoutenable en responsabilisant les créanciers européens, les institutions financières internationales au sein desquelles l’Europe a un poids prépondérant, et le prochain gouvernement de Tunisie. »

 

La conférence a été organisée par Marie-Christine Vergiat et Gabi Zimmer, députées européennes GUE-NGL (Gauche Unitaire européenne – Gauche Verte Nordique), en partenariat avec le CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde).

Conf » Crédit photo: Hansen Olivier, Groupe GUE / NGL


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