Publié par : Malika Benarab-Attou | 26 mai 2011

L’Europe, le monde arabe, (r)évolutions

Malika Benarab-Attou était l’invitée de Café Babel le jeudi 26 mai à Bruxelles au Café Saint Hubert de Scharbeek.

 

 

Aux côtés de Olaf Deussen, fondateur et Président d’EuroArab Forum et de Labib Fahmy, correspondant d’Al Jazeera à Bruxelles, elle a discuté des relations entre l’Europe et le monde arabe et des (r)évolutions à venir.

 

Après les chutes des dictateurs et les bouleversements géopolitiques qu’elles impliquent, il est intéressant de s’interroger sur l’avenir des relations entre l’Europe et le monde arabe. Quelles sont les implications diplomatiques des bouleversements politiques actuels ? Dans quelle mesure l’Europe doit elle repenser et reconstruire son rapport au monde arabe ? Face aux critiques, sera-t-il aisé pour l’Europe de procéder à une sorte de « blanchiment diplomatique » ? Parallèlement, quelle attitude l’Europe peut-elle espérer des régimes démocratiques naissants à son égard ? Tant de questions soulevées lors de cette rencontre.

 

En tant que membre de la délégation pour les relations avec les pays du Maghreb et l’Union du Maghreb arabe, et du fait également de ses origines, Malika se sent particulièrement investie par les évènements qui touchent les pays de la rive sud de la Méditerranée.

 

« Je suis franco-algérienne, née en Algérie. Je travaille au cœur de la délégation des pays du Maghreb ainsi que dans l’Assemblée parlementaire Euro-Méditerranéenne. Je suis très touchée par ce qu’il se passe au Sud de la Méditerranée.

Je dois insister et dire que les relations entre députés européens et députés arabes sont des relations très importantes. Nous faisons un travail entre parlementaires et ceci est très différent des relations entre Etats. Nous tenons compte de la société civile et nous leur sommes plus attentifs.

Je peux vous dire que l’Union Européenne a été bousculée par ce qu’il s’est passé. Le peuple tunisien nous a surpris, agréablement. Cela nous a permis de voir que ce vent de démocratie est un rêve qui devient réalité. Les aspirations de ces peuples sont enfin des choses qui deviennent concrètes.

Au cœur de ces révolutions, il fat souligner le rôle très important des médias sociaux, d’Al Jazeera aussi, et des grandes manifestations qui ont pu se mettre en place grâce aux appels faits sur facebook par exemple. Le rôle des médias indépendants, notamment numériques, et la liberté d’expression octroyée avec Internet ont joué un rôle très important. »

 

Malika a également insisté sur le rôle des Verts au cœur du Parlement européen.

 

« Permettez moi de souligner qu’en tant qu’européens, nous avons tous été déboussolés par ces évènements. Mais en tant que Verts, je dois avouer que nous étions très en avance sur ces questions. Nous étions en contact avec les associations des Droits de l’homme. Nous avions les informations nécessaires pour savoir qu’en Tunisie, le pouvoir de Ben Ali était un pouvoir pour le moins autocrate. Nous savions mais nous étions très seuls.

Aujourd’hui dans les délégations Maghreb, nous rencontrons régulièrement les parlementaires de ces pays. La semaine dernière j’étais au Maroc pour discuter des accords d’association et du statut avancé de ce pays. Le Maroc est en train de vivre des changements très intéressants. Il y a des réformes dans la Constitution, un referendum est prévu et normalement il devrait y avoir de nouvelles élections après ce referendum.
Les accords d’association avec les pays du Maghreb sont importants. Au Maroc il y a un enjeu ; l’accord sur la pêche. C’est un accord sur lequel les espagnols sont aussi très attentifs. Pour le Maroc, les parlementaires européens doivent ratifier cet accord. Beaucoup de députés européens ne sont pas forcément pour. Si l’on ne ratifie pas l’accord, ce qui risque se se passer au Parlement européen, ce serait terrible car, ainsi que le Ministre des Affaires Etrangères marocain l’a souligné, si l’accord de pêche n’est pas ratifié, nous ne discuterons plus d’Accord d’association avec le Maroc, ils n’en voudront plus.
Ce serait un signe terrible.
Il faut voir ce qu’il se passe avec la Turquie. Il ne se passe justement rien pour l’intégration. Et je suis très pessimiste sur la suite des négociations. Si avec le Maroc on ne met pas en place cet accord d’association, ce serait un signe très négatif. Les autres pays de la rive sud regardent ce qu’il se passe là entre l’UE et le Maroc… »

 

Malika s’exprime aussi sur la question de la circulation des personnes.

 

« Une des questions qui est loin d’être résolue, c’est la question de la circulation des personnes. L’Europe est un peu vue comme une Europe forteresse. Tous les gens que j’ai rencontrés, en Turquie l’an passé, au Maroc la semaine dernière, m’expliquent qu’ils se sentent humiliés par les conditions de circulation. Même quand ils sont députés, universitaires, c’est compliqué. »


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