Publié par : Malika Benarab-Attou | 21 octobre 2011

Elections en Tunisie: interview d’Arte

ARTE Journal – 21/10/11

 

Interview de Malika Benarab-Attou

 

L’Europe fait feu de tout bois en Tunisie. Le jour du scrutin, pas moins de 180 observateurs européens seront déployés en Tunisie pour veiller sur le processus électoral. Ce sera la plus grande mission d’observation électorale dans le pays. Aide électorale, aide financière aussi : fin septembre, l’UE a délié les cordons de la bourse et accordé 157 milliards d’euros de dons destinés à la relance de l’économie tunisienne. En juin déjà les 27 s’étaient engagés à rénover leur politique vis à vis de ces proches voisins qui ont opéré leurs révolutions. L’Europe avait loupé le coche de ce Printemps arabe. Elle cherche aujourd’hui à redorer son blason. Est-elle sur la bonne voie ?

ARTE Journal a posé la question à Malika BENRAB-ATTOU. Députée européenne (Europe écologie/Les Verts), elle est membre de la Délégation pour les relations avec les pays du Maghreb et l’Union du Maghreb arabe.

 

Barbara Lohr pour ARTE Journal : L’Europe a été lente à prendre la mesure du Printemps arabe et à soutenir ces mouvements. Est-elle en train de rattraper ce retard ?

 

Malika Benarab-Attou : En temps que Verts, on a longtemps été un peu seuls au Parlement européen pour dénoncer les problèmes de Droits de l’Homme en Tunisie en particulier, mais aussi dans d’autres pays. En Libye, eu Yémen en Egypte, l’Europe n’a pas dénoncé ces pouvoirs dictatoriaux et continuait à avoir des relations avec ces gouvernements. Je crois qu’on ne peut plus continuer dans cette approche étatique, il faut qu’on prenne en compte les peuples, qu’on développe des relations avec les peuples, avec les sociétés civiles. Et je crois qu’aujourd’hui la commission européenne a réellement pris conscience qu’il fallait opérer cette mutation.

 

Comment s’exprime cette prise de conscience ?

 

Malika Benarab-Attou : Elle s’exprime par une augmentation des aides financières à la société civile, aux acteurs non-étatiques. Elle s’exprime par une importante délégation d’observateurs européens pour veiller sur le processus électoral en Tunisie, pour que ces élections soient réellement démocratiques. Il y a eu des prises de position très fortes de madame Ashton et l’annonce d’une stratégie nouvelle à l’égard de ces voisins proches en mutation.

 

Est-ce suffisant ?

 

Malika Benarab-Attou : Je pense que nous ne sommes pas encore à la hauteur de l’enjeu. Pour moi, notre grande faiblesse reste notre politique migratoire basée sur une approche sécuritaire. C’est en contradiction avec nos valeurs de fraternité et d’égalité. Il y a encore des jeunes qui meurent sur des bateaux, il y a la non prise-en-compte de ces réfugiés. Vous savez que la Tunisie est membre de l’Union pour la Méditerranée et on ne peut pas dire qu’on veut construire une union fraternelle et démocratique et ensuite continuer à mener cette politique sécuritaire.

 

Edité le : 20-10-11 


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