Publié par : Malika Benarab-Attou | 9 décembre 2011

De Tunis : débat de citoyens pour une citoyenneté en Méditerranée

Lors de la première Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée (ACCM), en juillet 2010 à Valences, les participants concluaient sur la nécessité de soutenir l’émergence d’une «  communauté méditerranéenne des peuples  » dans le cadre d’un espace politique méditerranéen et d’une citoyenneté méditerranéenne.

 

Aujourd’hui, face aux bouleversements que vivent les pays de la rive sud de la Méditerranée ce besoin est plus fort que jamais, il ne faut pas manquer le rendez-vous de l’appel au changement. Dans ce sens, la seconde ACCM, qui s’est tenue les 1 au 4 décembre 2011 à Tunis, tombe à point nommée puisqu’elle s’est penchée sur les « Crises et changements en Méditerranée : la citoyenneté en mouvement « .

 

On est face à un mouvement international de revendications et de protestations qui traduit la volonté des peuples à prendre en main leur destin, à exprimer leur voix pour ne plus être sous quelque forme de domination que ce soit. Un long processus aux enjeux énormes. Il faut promouvoir la diversité des peuples et la solidarité en tant qu’atouts pour un nouvel espace commun aux peuples des rives de la Méditerranée. Le dialogue, la tolérance et le respect mutuel doivent être les ingrédients d’un nouveau vivre ensemble. Une dynamique multidimensionnelle, qui au fond exprime la Méditerranée en tant que carrefour des civilisations et des cultures, doit-être au cœur d’une nouvelle politique méditerranéenne portée par une volonté politique forte et cohérente. C’est donc tout un espace à repenser eu égard aux mutations profondes que connaissent nos sociétés. Autant d’enjeux qui ont été débattus par les participants d’horizons divers à la seconde ACCM, un événement auquel j’ai tenu à participer.

 

Le renforcement du rôle des jeunes est une priorité, ils demandent une prise en compte réelle de leurs intérêts et ceux de la société par les politiques. La représentation négative de la Méditerranée comme barrière doit être dépassée.
On ne peut nier les problèmes économiques de fonds, les défaillances des politiques de développement, le manque de représentation effective des peuples au niveau des hautes sphères de pouvoir, la fragilité des peuples actuellement vivant un processus de libération de leurs dictateurs, la forte persistance des stéréotypes du Nord à l’égard du Sud, la faiblesse des échanges tant Nord-Sud que Sud-Sud, les inégalités notamment en matière de mobilité, etc.

 

Il s’agit aujourd’hui de refonder le projet de l’Union pour la Méditerranée en partant de nos valeurs communes en vue de construire un espace de paix et de prospérité. Comme le dit si bien Edgar Morin, présent en séance de clôture à Tunis, il faut proposer une nouvelle approche : « une pensée méditerranéenne pour une politique méditerranéenne « .

 

Malika Benarab-Attou

 


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