Dans  » Nés sous X dans le monde arabo-musulman : questionnement d’un pupille de l’Etat « , Mohamed-Chérif Zerguine évoque l’enfance abandonnée.

 

Naître sous X, un thème qui lui tient particulièrement à cœur puisque Mohamed-Chérif Zerguine a été lui-même cet enfant abandonné. Cet essai est donc plus qu’une recherche ou qu’un plaidoyer, c’est un ouvrage vers la sérénité. Mohamed-Chérif Zerguine espère de cette manière contribuer à l’épanouissement de tout enfant installé sur les braises de la souffrance. Par son témoignage, il espère aider ces jeunes orphelins.

 

 » Il existe un droit que nul ne peut remettre en cause, quelque soit son origine, sa religion, sa culture, son orientation politique ou sa situation juridique. C’est le lien du sang, de la filiation que l’on peut taire ou ignorer, mais jamais effacés.

Nul ne naît sans famille. »

 

Mohamed-Chérif Zerguine

 

Interpellée par son questionnement et ses doutes, Malika Benarab-Attou a été heureuse de soutenir son projet en de préfaçant son ouvrage.

Préface par Malika Benarab-Attou

LA VIE : CE BIEN QUE RIEN NE CONTIENT

 

Ce livre de Mohamed-Chérif Zerguine est un ouvrage courageux qui ouvre la question et le projet d’un pari sur la vie.
Je ne suis pas exégète et je ne me situerai pas dans le champ du religieux.

 

Je suis une femme politique qui aimerais contribuer à imaginer et construire un avenir décent et heureux à mes concitoyens et concitoyennes qui ont démarré leur vie d’une façon difficile car ils-elles n’étaient, ne sont pas toujours, accepté-e-s parce que né-e-s sous X, abandonné-e-s à la naissance. Il s’agit de leur permettre de renouer avec la vie, de sortir d’un passé mortifère.

 

C’est un enjeu, une responsabilité pour tous les Algériens et les Algériennes : renouer avec la vie, la mettre au centre du projet de la société.

 

Une guerre d’indépendance meurtrière qui a fait plus d’un million de victimes algériennes. Une jeunesse qui survit sans pouvoir se projeter dans un avenir souhaitable, prête à se jeter dans des bateaux de fortune au risque de mourir par centaines voire par milliers.

 

Une décennie 90 qui a fait tant de morts et qui laisse des familles chagrinées ne pouvant faire leur deuil ni panser leurs blessures car la justice ne leur a pas été rendue.

 

Les Algériens se doivent de reprendre la vie à bras le corps, travailler à vivre et à construire une société viable, vivante, où les vivants, tous les vivants, sont au cœur du projet politique, social et religieux.

 

Le degré de civilisation d’une société se jauge à la façon dont elle s’occupe et protège les plus démunis d’entre ces membres : les nouveau-nés, les enfants abandonnés, séparés de leur mère, de leur père.

 

Naître sous X, de nos jours encore, c’est risquer la mort à un taux très élevé.
Naître sous X aujourd’hui, c’est subir le mépris ou l’évitement.

 

C’est être nié-e dans son être, ne pas être reconnu-e.

 

Ce livre offre une voie aux Algériens et aux Algériennes pour leur permettre de commencer à travailler à consolider une société des Vivants.

 

Car protéger les enfants abandonnés, leur permettre de vivre en les protégeant c’est accepter que la vie humaine, quelle que soit ses conditions d’existence, est à protéger comme un bien précieux.

 

Un bien que rien ne contient mais qui fait que nos existences à tous ont un sens.

 

Malika BENARAB-ATTOU
Députée au Parlement Européen
Franco-Algérienne
Africaine-Européenne

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Publié par : Malika Benarab-Attou | 24 mars 2011

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : Google, bibliothèque numérique

Bruxelles, le 24 mars 2011

Google – Bibliothèque numérique

L’UE doit maintenant faire des propositions concrètes et équitables.

Le juge américain Denny Chin vient de rejeter l’accord de 125 millions de dollars entre Google, les éditeurs et auteurs américains. Selon lui, cet accord donne un avantage injuste à Google vis-à vis de ses compétiteurs. Pour les députés du Groupe des Verts/ALE, étant donné que l’accès à la connaissance est fondamental, c’est avant tout au législateur d’apporter des solutions durables et justes. Ils considèrent également qu’il est grand temps que l’UE s’empare de cette question.

 

Pour Malika Benarab-Attou (Verts/ALE) coordinatrice des Verts / ALE pour la Commission Culture :

 

« Permettre l’accès à des millions de livres qui sont pour le moment difficiles à trouver ou à publier parce qu’il est délicat, voire impossible d’identifier les détenteurs de droits, est essentiel si nous voulons que les citoyens bénéficient au mieux des opportunités offertes par les technologies numériques. Cependant , il est problématique que des contrats que passe Google avec des institutions telles que la bibliothèque municipale de Lyon, lui offrent un monopole sur la numérisation de l’ensemble des ouvrages de celle-ci. De même, qu’une firme détienne un monopole sur une base de données de livres à l’échelle mondiale n’est pas une solution. La concurrence doit être rendue possible, mais il est aussi de notre responsabilité de développer une approche basée sur les services publics qui mette en avant l’intérêt public de la numérisation des produits culturels. »

 

 Pour Helga Trüpel (Verts/ALE) Vice-présidente de la Commission Culture :

 

« Il est bon que de nouveaux modèles économiques émergent du secteur privé, avec pour objectif de rendre accessible plus de contenu à un nombre croissant d’individus. Mais nous pensons que c’est aussi le rôle du législateur de trouver des options justes et durables. En 2005, la Commission européenne a lancé le projet de bibliothèque numérique Europeana. Celui-ci se heurte toutefois au problème des œuvres orphelines. Plus de 90 % des livres des bibliothèques nationales d’Europe ne sont plus disponibles dans le commerce, parce qu’il s’agit d’œuvres orphelines ou d’ouvrages épuisés. Jusqu’ici, la Commission européenne a regardé avec intérêt l’approche mise en avant par Google et les détenteurs de droits au États-Unis. Il est maintenant temps pour l’UE de passer à la vitesse supérieure et de faire des propositions concrètes et équitables. »

Publié par : Malika Benarab-Attou | 23 mars 2011

Libye: ingérence ou soutien?

Interview par Luigi Cascone de la députée européenne Malika Benarab-Attou sur l’intervention en Libye.

 

Luigi Cascone : Ce qui est frappant dans la crise libyenne, et lors des récents soulèvements au Maghreb en général, c’est la totale incapacité européenne à faire face à ces questions. Tout comme en Bosnie et au Kosovo, l’Union européenne se montre incapable d’avoir une politique efficace par rapport à la défense des droits de l’homme, mêmes quand ces violations sont perpétrées à une centaine de kilomètres. Comment expliqueriez-vous cela?

 

Lorsqu’on analyse les relations de l’UE avec les pays de la Méditerranée et du Maghreb, il faut tenir compte des facteurs historiques et stratégiques. Le passé colonial, surtout pour la France, est un élément clé dans l’équation nord-africaine. Ce passé, comme la période actuelle malheureusement, est marqué par la prépondérance des intérêts économiques, notamment liés à l’exploitation et à la distribution des ressources énergétiques dérivées d’hydrocarbures. Cette dimension « stratégico-économique » rend difficile toute comparaison entre les événements du Kosovo et de Yougoslavie des années 90 et ceux des révolutions arabes d’aujourd’hui.

L’ONU a approuvé une résolution pour garantir une no-fly zone. Que pensez-vous de cette résolution? Selon vous, pourquoi la communauté internationale a attendu si longtemps pour condamner les atrocités en Libye?

 

Il est évident que le retard avec lequel la communauté internationale a répondu à ces évènements dramatiques est largement du au traumatisme que les guerres en Irak et en Afghanistan ont causé aux États-Unis et à la coalition occidentale. L’Europe craignait de s’enliser pour plusieurs années dans une autre mission sur le terrain. Cependant, en ce qui concerne la résolution du Conseil de sécurité, je dois admettre qu’elle me laisse plutôt inquiète. Il est bien sûr indispensable d’agir pour arrêter les massacres de Kadhafi, mais je ne suis pas sûre qu‘il s’agisse de la meilleure solution. Une guerre n’est jamais la meilleure solution.

Le Parlement Européen a reconnu le Conseil National de Transition avant l’ensemble des gouvernements nationaux. Ce geste politique était essentiel pour affaiblir Kadhafi. L’UE a également mis en place rapidement les mesures préconisées par la résolution 1970 des Nations Unies, à savoir l’embargo sur les armes, l’interdiction de voyager et le gel des avoirs du clan Kadhafi (L’UE est d’ailleurs allé plus loin que les mesures indiquées par la résolution). L’UE disposait de nombreux autres moyens pour bloquer le Raïs, ne serait-ce qu’au niveau financier ou commercial de manière à arrêter tout flux d’argent susceptible de financer les mercenaires principaux responsables de crimes les plus horribles. Ces moyens de pression ne pouvaient pas laisser le régime de Tripoli indifférent

La situation est explosive dans la région. Toute erreur ou faux-pas peut modifier l’équilibre et les dynamiques régionales. L’Algérie, pays frontalier de la Libye, avec ses milliers de victimes pendant la guerre civile des années 90, nous rappelle combien un conflit interne peut dégénérer en un conflit sanglant.

 

Les groupes rebelles libyens ont plusieurs fois demandé l’aide militaire de l’Union Européenne pour pouvoir avoir une chance de lutter contre les avions du gouvernement. La ligue arabe a demandé aussi une no fly zone. Il y a déjà des milliers de morts. Dans des cas si désespérés, comment faire pour ne pas confondre le pacifisme avec l’indifférence?

 

Je répète, la nécessité d’arrêter la violence de Kadhafi contre son peuple est impérieuse et l’importance de l’action humanitaire est incontestable, mais en même temps, il faut tenir compte de l’énorme importance que le pétrole joue dans l’architecture de l’intervention occidentale en Libye.

Le Parlement européen a adopté une résolution qui prévoit à la fois un très fort soutien pour la population libyenne et l’interdiction de toute forme d’ingérence. En politique, il est difficile de déterminer exactement la limite entre l’un et l’autre, mais nous pensons que nous devons développer une réponse capable de soutenir la lutte légitime pour les droits du peuple libyen, sans mettre en place des politiques d’intervention de type néo-colonialiste.

 

Comment jugeriez-vous les actions que l’UE a menées pendant ces crises? Et quelles perspectives voyez- vous pour une politique étrangère commune de l’Union?

 

Si les mouvements révolutionnaires en Afrique du Nord ont montré qu’il n’existait pas encore de réelle Politique Etrangère Commune de l’Union Européenne. ils nous ont également rappelé la nécessité d’un telle politique pour permettre à l’UE d’agir et d’être un véritable acteur. Il faut mettre en œuvre dès que possible le Service Européen pour l’Action Extérieure institué par le Traité de Lisbonne. Enfin, il est nécessaire que les États membres s’abstiennent d’afficher des positions individuelles comme cela a été le cas pour la question libyenne.

En raisonnant dans une perspective plus large, il est nécessaire que tous les pays européens reconsidèrent leur politique envers les pays de la Méditerranée avec lesquels nous partageons des racines et une civilisation communes. Si nous souhaitons continuer à être des acteurs clés dans cette région, nous devons établir une politique de partenariat sans hypocrisie, en particulier dans le domaine des politiques migratoires. Une déconstruction du discours politique qui décrit souvent les immigrés comme des envahisseurs et des criminels est indispensable. Nous avons besoin de repenser une politique des frontières qui garantisse un partenariat véritable entre les pays riverains de ce pont commun qu’est la Méditerranée.

Ce mouvement, que certains commentateurs ont comparé à un Printemps des peuples du monde arabe, a allumé la flamme de l’espoir pour des millions de personnes vivant sous l’oppression. L’expulsion de Ben Ali par une population qui affirme avec force ses aspirations démocratiques a déclenché un processus qui va définitivement changer la géopolitique du Moyen-Orient. Le rôle de l’Union Européenne dans cette période délicate, est de soutenir le mouvement pour la liberté, en aidant ces peuples à suivre le chemin de la transition démocratique, en restant attentif au risque que de nouveaux régimes autoritaires puissent prendre la place de ceux chassés avec difficulté ces derniers temps.

Ce que nous vivons est un moment historique. L’Europe ne peut pas limiter sa participation à des bombardements et à la fermeture des frontières.

 

Retrouvez cet article sur le site du journal Alternatives européennes.

Publié par : Malika Benarab-Attou | 23 mars 2011

Comité de soutien à l’œuvre architecturale de Le Corbusier

Candidature de l’œuvre architecturale de Le Corbusier à l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial

 

En janvier 2011, la France a déposé le dossier de candidature de « l’œuvre architecturale de Le Corbusier, une contribution exceptionnelle au mouvement moderne » pour l’inscrire sur la liste du patrimoine de l’Humanité.

 

Ce dossier, présenté au nom de six pays (Allemagne, Argentine, Belgique, Japon, Suisse et France), sera alors examiné par le Comité du Patrimoine Mondial qui se tiendra à Bahreïn entre le 19 et le 29 juin 2011.

 

Origine du dossier

La démarche initiée en France en 2002 par le Ministère de la Culture et de la Communication et par la Fondation Le Corbusier, fédère aujourd’hui six pays : l’Allemagne, l’Argentine, la Belgique, le Japon, la Suisse et la France. Ceux-ci ont constitué un dossier transnational réunissant dix neuf œuvres majeures de la production architecturale de Le Corbusier (sur quatre-vingt réalisées au cours de sa vie) construites entre 1912 et 1965 dans le monde entier.

D’autres pays où se trouvent des réalisations significatives de Le Corbusier – l’Inde, la Russie, les États-Unis, la Tunisie – n’ont pas souhaité, pour le moment, s’associer au projet. Intéressés par la démarche engagée, ils ont été régulièrement tenus informés de l’avancement du dossier. Ils pourront dans un deuxième temps venir compléter la liste initiale comme le permettent les règles de l’UNESCO pour les inscriptions en série.

La candidature de l’œuvre architecturale de Le Corbusier constitue à double titre un dossier pionnier : d’une part, c’est le premier dossier en série consacré entièrement à l’œuvre d’un architecte du XXème siècle, d’autre part, c’est le seul à comporter une dimension transcontinentale.

À ce jour, dix neuf œuvres ou ensembles d’œuvres ont été sélectionnés, en raison de leurs qualités architecturales ou urbaines intrinsèques, mais également en raison de leur authenticité et de leur intégrité, de l’engagement de leurs propriétaires respectifs et de l’état de leur protection au plan national : douze en France, trois en Suisse et une pour chacun des autres pays.

 

Candidature 2008

Un premier dossier déposé par la France au mois de janvier 2008 a été soumis au Comité du patrimoine mondial lors de sa réunion à Séville au mois de juin 2009.

Le Comité du patrimoine mondial a reconnu l’intérêt de la démarche entreprise par les six pays partenaires et la Fondation Le Corbusier.

Le Comité a cependant décidé de renvoyer le dossier. Il a demandé aux pays d’apporter des éléments complémentaires concernant notamment les mesures de protection et de gestion des œuvres proposées à l’inscription et souhaité un plus grand engagement des collectivités territoriales sur le territoires desquelles elles sont situées.

La France dispose d’un délai de trois ans pour présenter le dossier complémentaire à l’UNESCO.

 

Dossier 2011

Les six pays partenaires ont constitué un dossier complémentaire qui comprend les plans de gestion pour les dix neuf sites proposés.

Au mois de juin 2009, une association regroupant toutes les villes françaises et étrangères concernées a été créée. Elle illustre l’engagement des collectivités locales dans le projet et offre la garantie de protection des œuvres et de leur environnement sur le long terme.

Calendrier

Le dossier est porté par la France au nom des six pays partenaires. Pour bénéficier d’un examen par le Comité du patrimoine mondial lors de sa prochaine session, au mois de juin 2011, le dossier a été déposé le 31 janvier 2011 auprès du Centre du patrimoine mondial.

 

soutien_le_corbusier 

 Pour plus d’information, rendez-vous sur la page de La Fondation Le Corbusier

Publié par : Malika Benarab-Attou | 23 mars 2011

Publication : Vers l’écologie culturelle ?

 L'écologie culturelle

Vers l’écologie culturelle ?

Une réflexion sur les dispositifs culturels au cœur du projet européen : entre solidarité, coopération et complémentarités

 

Vous trouverez dans le document ci-joint l’ensemble des conclusions des intervenants de la conférence organisée par Malika Benarab-Attou le 23 juin 2010 dernier, sur l’écologie culturelle.

 

Bonne lecture !

 

N’hésitez pas à partager vos idées sur le sujet en écrivant à malika.benarab-attou@ep.europa.eu ou à travers ce blog via la rubrique commentaires.

Publié par : Malika Benarab-Attou | 23 mars 2011

Pétition : Pour un référendum – pour sortir du nucléaire

Malika Benarab-Attou vous invite, avec son groupe Europe Ecologie – Les Verts, à signer la pétition de « Pour un référundum pour sortir du nucléaire » ( voir ci-contre )

 

Le Japon, après l’Ukraine et les Etats-Unis, subit au plus profond de sa chair la folie nucléaire. Pour ne pas avoir cru, su ou voulu penser l’impensable, notre humanité est une fois encore confrontée à une catastrophe nucléaire.

 

Malgré ce constat sans appel, les responsables politiques français affirment doctement que l’option nucléaire ne peut être soumise à débat public ni validation démocratique au travers d’un référendum.

 

Alors que la plupart des pays européens réinterrogent dans l’urgence la pertinence de leur stratégie nucléaire, la France reste droit dans ses bottes. Tout juste le chef de l’Etat consent-il à envisager, à long terme, un débat entre experts, au niveau européen…

 

Le peuple est une nouvelle fois écarté des grandes décisions qui le concernent. Nous n’acceptons plus la mainmise de l’oligarchie éco-prédatrice. Nous n’acceptons plus une technologie nucléaire dangereuse et anti-démocratique.

 

Nous réclamons un référendum pour sortir du nucléaire.

 



 

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Publié par : Malika Benarab-Attou | 22 mars 2011

Libye: « Je ne crois pas aux bombardements pour instaurer la démocratie »

Propos de Rony Brauman recueillis par Éric Aeschimann pour Libération

 

 

Rony Brauman est ancien président de Médecins sans frontières. Professeur associé à Sciences-Po, il réfléchit depuis des années aux effets des interventions humanitaires.

 

Une partie des opposants à l’intervention américaine en Irak soutiennent cette fois la résolution du Conseil de sécurité sur la Libye. Pas vous. Pourquoi ?

 

Parce que je ne crois pas plus qu’avant aux vertus de bombardements aériens pour installer la démocratie ou «pacifier» un pays. La Somalie, l’Afghanistan, l’Irak, la Côte-d’Ivoire sont là pour nous rappeler aux dures réalités de la guerre et de son imprévisibilité. «Protéger les populations» signifie, en pratique, chasser Kadhafi et le remplacer par un Karzaï local si l’on va au bout de la logique, ou diviser le pays en gelant la situation. Dans les deux cas, nous ne serons pas capables d’en assumer les conséquences. A quel moment cette guerre sera-t-elle considérée comme gagnée ?

 

Faut-il assister en spectateur à l’écrasement de la rébellion libyenne par les troupes de Muammar al-Kadhafi ?

 

Non. Entre la guerre et le statu quo, il y a un espace d’actions : la reconnaissance du Conseil national de transition [l’instance politique des insurgés, ndlr] par la France était un geste politique important, qu’il faut poursuivre en soutenant militairement l’insurrection : lui fournir des armements et des conseils militaires pour rééquilibrer le rapport des forces sur le terrain, ainsi que des informations sur les mouvements et préparatifs des troupes adverses. L’embargo commercial, l’embargo sur les armes et le gel des avoirs du clan Kadhafi sont autant de moyens de pression auxquels le régime de Tripoli ne peut être indifférent.

 

Ne risque-t-on pas de laisser faire une tragédie ?

 

Prenez le Rwanda, souvent invoqué comme un exemple de ce qu’il ne fallait pas faire : l’ONU avait des soldats et les a retirés avant le génocide, ce qui est retenu comme la grande faute. Mais, pour compréhensible qu’elle soit, cette critique morale est aveugle au fait que, pour changer le cours des choses, il aurait alors fallu établir une tutelle complète sur le pays, ce qui est impossible. Selon moi, notre tort n’a pas été le retrait en 1994, mais l’intervention en 1990 pour sauver le régime en place, sous l’illusion de pouvoir imposer la paix. Il valait mieux accepter les violences du moment que de geler, pour un temps forcément limité, le rapport de forces. Ce sont les plus radicaux des deux côtés qui en ont tiré profit.

 

Même si l’on se contente d’interventions aériennes ?

 

Une opération aérienne n’a jamais permis de remporter une guerre. Cette illusion technologique relève de la pensée magique. Le bilan des interventions armées internationales montre que nous n’avons plus les moyens de décider ce qui est bon ou pas à l’étranger. Le remède est pire que le mal. A partir du moment où la force ne nous permet plus de faire avancer à notre convenance une histoire qui hésite, mieux vaut en éviter l’usage et rompre avec les rêves de la «guerre juste». En cette matière comme en d’autres, la politique de l’émotion est très mauvaise conseillère.

 

Est-ce une opposition de principe à toute intervention ?

 

Non, les Brigades internationales parties combattre en Espagne aux côtés des républicains, en 1936, sont un grand moment de solidarité internationaliste – mais sûrement pas de défense des libertés démocratiques ! – et j’applaudirais des deux mains l’idée de brigades internationales allant soutenir la rébellion libyenne. Mais les interventions étatiques sont une tout autre affaire ! J’ajoute que la morale est loin de trouver son compte dans les choix de situations justiciables d’une intervention internationale par rapport aux populations que l’on abandonne à leurs oppresseurs : la Tchétchénie, la Palestine, le Zimbabwe, la Corée du Nord, etc. Pour ne prendre qu’un exemple récent : parmi ceux qui appellent à une zone d’interdiction de survol au-dessus de la Libye, combien auraient défendu la neutralisation des forces aériennes israéliennes en janvier 2009 sur Gaza ou en août 2006 sur le Liban ?

 

Il n’y a donc pas de diplomatie des droits de l’homme possible ?

 

Allez demander aux manifestants du Bahreïn, réprimés par nos alliées les monarchies pétrolières du Golfe, ce qu’ils en pensent. Les Iraniens pourraient bien s’intéresser à leur tour à la défense des droits de l’homme dans la péninsule arabique. Non, les droits de l’homme ne sont pas une politique, et l’opposition canonique entre droits de l’homme et realpolitik est une impasse. Il y a une politique tout court, qui est l’art de vouloir les conséquences de ce qu’on veut. Les droits de l’homme sont convoqués ou révoqués à leur guise par les Etats.

 

Que dites-vous aux Libyens qui appellent l’Occident au secours ?

 

Je leur dis qu’ils se font des illusions sur notre capacité à redresser la situation à leur profit et que ce sont eux qui en paieront le prix fort. Souvenez-vous que, en 2003, de très nombreux Irakiens étaient en faveur d’une intervention armée. Ils croyaient que les Américains couperaient la tête du tyran et s’en iraient. Les médecins savent, mais pas seulement eux, que donner l’illusion d’une protection peut être pire que ne pas donner de protection.

 

La reprise en main de la Libye par Kadhafi, n’est-ce pas la fin du printemps arabe, voire une menace sur les révolutions tunisienne et égyptienne ?

 

Je ne vois pas pourquoi. D’une part, ce n’est pas la situation en Libye qui déterminera à elle seule l’avenir démocratique des pays arabes ; d’autre part, on voit qu’à l’ombre de l’intervention en cours la répression s’abat sur d’autres manifestations dans les pays du Golfe. Par ailleurs, nous sommes bien placés, en France, pour savoir qu’entre la révolution et la démocratie, il y a du chemin à faire et des retours en arrière. Le printemps arabe n’échappera sans doute pas à cette règle. Je suis convaincu que le rejet des pouvoirs despotiques et corrompus est profondément inscrit dans l’ensemble des sociétés contemporaines, mais que c’est à elles de faire de ce rejet un programme politique.

Publié par : Malika Benarab-Attou | 18 mars 2011

Haut-Débit:  » Investir dans la croissance numérique « 

Ce vendredi 18 mars 2011, Malika Benarab-Attou rappelle l’importance d’une croissance numérique forte en soulignant la place du Haut-débit. La veille, la Commission Culture et Education avait accepté les recommandations de la députée qui était rapporteur sur le sujet.

 

Malika Benarab-Attou souligne :

 

 » Il est important de mettre le Haut-Débit à la disposition de tous les citoyens.

 

La Stratégie numérique insistait sur l’importance du haut débit pour l’avenir des Européens et sur les perspectives non négligeables qu’il offre en termes de croissance et de création d’emploi.

 

Elle rappelait notre objectif de mettre le haut débit de base à la disposition de tous les Européens d’ici 2013.

 

Le développement de la large bande n’est pourtant pas une fin en soi. Il ne doit pas se faire au détriment des politiques publiques de développement durable, de diversité, d’intégration sociale et culturelle, mais les prendre pour objectif.

 

Le rôle de notre Commission est aujourd’hui de souligner l’importance des contenus de qualité et les enjeux du haut débit en termes d’accès aux savoirs, le haut débit pouvant jouer un rôle majeur dans la promotion de la diversité culturelle et linguistique, du pluralisme, de la cohésion sociale et territoriale, et dans la démocratisation de l’accès à la culture et la promotion du dialogue interculturel.

 

C’est pourquoi cet avis s’articule autour des priorités qui me semblent essentielles, comme :

 

– Le soutien financier public au développement du haut débit dans les zones faiblement peuplées ;

– La connexion au haut débit des services publics, et notamment des écoles, qui devrait être une priorité de financement du haut débit dans l’ensemble des territoires ;

– L’éducation en général et au numérique en particulier ;

– La promotion de contenus de qualité et l’accès aux biens et services culturels, ainsi qu’aux outils de recherche.

 

Il s’agit bien de faire d’un simple moyen de communication un outil de promotion d’une société solidaire, tout en respectant les engagements de l’UE dans le cadre des objectifs 2020. « 

 



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